COVID-19 : Symptômes, risques et contamination chez l’enfant

Cette année, la rentrée scolaire fut inédite…Distanciation physique, réorganisation des espaces clos, port du masque obligatoire pour les personnels, les collégiens et les lycéens, lavage des mains a minima et limitation du brassage des élèves étaient les détails clés du nouveau protocole sanitaire scolaire encadrant cette rentrée.
Mais alors que des milliers d’élèves reprennent le chemin de l’école en pleine épidémie de coronavirus, de nombreux parents et enseignants s’inquiètent. La rentrée est-elle une période à risque ? Les enfants sont-ils mis en danger, sont-ils contagieux et ne risquent-ils pas de contribuer à propager davantage le virus ?
Le rapport d’août 2020 de Santé Publique France sur l’infection par le SARS-CoV-2 chez les enfants et le rôle du milieu scolaire dans la transmission de la maladie est plutôt rassurant :


• Une faible proportion (<5%) de l’ensemble des cas COVID-19 signalés dans l’UE/EEE et au Royaume-Uni concerne des enfants (personnes de 18 ans et moins). En cas de diagnostic positif de COVID-19, les enfants sont beaucoup moins susceptibles d’être hospitalisés ou d’avoir une issue fatale que les adultes.
• Chez les enfants, l’infection est généralement plus légère ou asymptomatique, ce qui signifie que l’infection peut passer inaperçue ou ne pas être diagnostiquée.
• Lorsqu’ils présentent des symptômes, les enfants excrètent la même quantité de virus que les adultes et sont donc contaminants comme le sont les adultes. Le caractère infectieux des enfants asymptomatiques est inconnu.
• Les investigations des cas en milieu scolaire suggèrent que la transmission d’enfant à enfant en milieu scolaire est rare et n’est pas la principale cause d’infection par le SARS-CoV-2 chez les enfants dont l’infection coïncide avec la période de fréquentation de l’école, en particulier dans les écoles maternelles et primaires.

Quels symptômes du coronavirus chez les enfants ?

Dans la majorité des cas, les enfants positifs au Covid-19 ne développent pas de symptômes de la maladie ou ne présentent que de légers symptômes. Les cas graves nécessitant une hospitalisation sont très rares.
En général, les symptômes chez l’enfant sont similaires à ceux de la population générale, soient :


• Fatigue inexpliquée
• Maux de tête en dehors d’une pathologie migraineuse connue
• Perte soudaine de l’odorat ou du goût, sans congestion nasale
• Altération de l’état général
• Diarrhée
• Vomissements
• Fièvre isolée chez l’enfant de moins de 3 mois.


La fièvre, la toux et les problèmes respiratoires sont les symptômes les plus communs chez les enfants infectés. Certains souffrent aussi de mal de gorge, de douleurs musculaires, d’écoulement nasal, de diarrhées, de vomissements ou de perte d’odorat et de goût.
Chez certains enfants positifs au Covid-19, les médecins ont observé des tâches ressemblant à des engelures sur les orteils et les doigts qui peuvent être accompagnés d’une sensation de brûlure. Il s’agit de tâches sans risque pour la santé, qui disparaissent seules avec le temps. Il est utile de rappeler que la présence de ces tâches ne signifie pas automatiquement qu’un enfant est porteur du virus.


Une forme rare de la maladie chez les enfants
Certains enfants, testés positifs au COVID-19, ont présenté des symptômes similaires à ceux de la maladie de Kawasaki : douleurs abdominales, troubles gastro-intestinaux et inflammation cardiaque. Les analyses sanguines réalisées sur ces enfants ont détecté des signes d’inflammation importante.
Selon le Programme canadien de surveillance pédiatrique (PCSP), il existerait même un lien entre la pandémie de COVID-19 et la maladie de Kawasaki. Il faut donc rester vigilant car le cas des enfants atteints peut se détériorer très rapidement, causant des séquelles au cœur si la maladie n’est pas traitée rapidement.
Rappelons toutefois que ce genre de complication est très rare et qu’une prise en charge rapide des enfants touchés permet d’éviter les complications.

Les enfants sont-ils plus contagieux ?

Contrairement à ce que l’on pensait au début de l’épidémie, les enfants ne seraient pas plus contagieux que les adultes. Santé Publique France le confirme dans son rapport d’août 2020 :  » lorsqu’ils présentent des symptômes, les enfants excrètent la même quantité de virus que les adultes et sont donc contaminants comme le sont les adultes. « 
Une autre étude publiée le 4 juin sur MedRxiv, menée par l’Association française de pédiatrie ambulatoire (Afpa) auprès de 605 enfants de moins de 15 ans a montré que les enfants pouvaient être moins contaminés avec « un taux de tests positifs (RT-PCR) pour les enfants 2 à 7 fois inférieur à celui des adultes. »
Toutefois, le cas des enfants de moins de 5 ans serait à part. Selon une étude publiée dans JAMA Pediatrics le 30 juillet, les jeunes enfants peuvent être des facteurs importants dans la propagation du virus. 145 tests de dépistage ont été réalisés sur des patients atteints d’une forme légère à modérée de l’infection Covid-19 entre le 23 mars et le 27 avril :


• 46 enfants de moins de 5 ans
• 51 enfants âgés entre 5 et 17 ans
• 48 adultes entre 18 et 65 ans
Les analyses suggèrent que les enfants de moins de 5 ans atteints de COVID-19 léger à modéré ont des quantités élevées d’ARN viral du SRAS-CoV-2 dans leur nasopharynx par rapport aux enfants plus âgés et aux adultes. La présence du SARS-CoV-2 était 10 à 100 fois supérieure dans les voies respiratoires de ces enfants.

Quels risques de contamination à l’école ?


Selon le rapport du mois d’Août de Santé publique France, « les investigations des cas en milieu scolaire suggèrent que la transmission d’enfant à enfant en milieu scolaire est rare et n’est pas la principale cause d’infection par le SARS-CoV-2 chez les enfants dont l’infection coïncide avec la période de fréquentation de l’école, en particulier dans les écoles maternelles et primaires. « 


« Le contact tracing autour d’un cas dans les écoles et les données d’un certain nombre de pays de l’UE suggèrent que la réouverture des écoles n’a pas été associée à une augmentation de la transmission communautaire » explique ce même rapport confirmant que « la seule fermeture des établissements de garde d’enfants et des écoles n’est probablement pas une mesure de contrôle efficace pour limiter la transmission communautaire du COVID-19. » Ainsi, « si la distanciation physique et les mesures d’hygiène sont appliquées, il est peu probable que les écoles constituent des environnements de propagation du virus plus favorables que les environnements professionnels ou de loisirs avec des densités de population similaires. »
Selon une autre étude publiée le 23 juin par l’Institut Pasteur et menée sur 1340 personnes reliées aux écoles primaires de Crépy-en-Valois (Oise),
« La principale information nouvelle apportée par cette étude est que les enfants infectés n’ont transmis le virus ni aux autres enfants, ni aux enseignants et ni aux autres personnels des établissements scolaires » a commenté le Dr Arnaud Fontanet, premier auteur de l’étude, responsable de l’unité Epidémiologie des maladies émergentes à l’Institut Pasteur et professeur au Cnam. »

Quels sont les risques pour les enfants à la santé fragile ?


Même si le rapport de Santé Publique France confirme le caractère bénin de l’infection chez les enfants et la rareté des cas graves et des décès, il convient de prendre des mesures de protection renforcée dans le cas d’enfants souffrant de certaines maladies chroniques, notamment les pathologies connues pour être à risque de décompensation sévère à l’occasion d’infections respiratoires virales.
Les facteurs actuellement connus qui rendent les enfants fragiles en cas d’exposition au virus sont :
• problèmes cardiaques ;
• fibrose kystique ;
• troubles neurologiques ou neuromusculaires ;
• anémie falciforme ou cancer ;
• système immunitaire fragile comme les enfants qui ont reçu une transplantation d’organe ou qui doivent prendre des stéroïdes de façon régulière.

Sources:

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